LA PROPAGANDE RECHAUFFISTE : LE CAS DE L’INDE

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Les objectifs de la COP21, tels qu’ils ont été définis par les G8/G7 sont simples : réduire de moitié d’ici 2050 les rejets de gaz à effets de serre, et en particulier de CO2. En réduisant ceux des pays développés d’au moins 70% et ceux des pays en développement d’au moins 20%. Sinon, nous dit-on, ce sera la fin du monde. Ces objectifs sont malheureusement inatteignables, et la COP21 vouée à l’échec. Nos gouvernants commencent à s’en rendre compte. Leur problème est donc de le camoufler afin de ne pas perdre la face. La façon dont les réchauffistes rendent compte de la contribution que l’Inde vient d’envoyer pour la COP21 est un beau cas de la transmutation du plomb en or. Il mérite d’être enseigné dans les écoles de journalisme et de communication.

La contribution indienne, facilement consultable sur internet (www4.unfccc.int/submission), expose d’une manière argumentée la politique envisagée par ce grand pays. Ses rejets de CO2, qui sont de 2,6 milliards de tonnes actuellement vont atteindre 6,5 milliards de tonnes en 2030. Cette multiplication par 2,5 est une augmentation de 150%. On est loin de la diminution de 20% visée par la COP21 (pour 2050). Qu’à cela ne tienne, la propagande officielle, avec ses « éléments de langage » relayés par à peu près tous les médias français, présente la contribution indienne comme un grand pas en avant : « l’implication de l’Inde est de bonne augure pour la conférence de Paris sur le climat » titre un grand quotidien économique ; «COP21 : l’Inde se met dans les pas des pays développés » affiche un autre. Par quels tours de passe-passe transforme-t-on un +150% en un -20% ?

On en utilise deux, un grand et un petit. Le grand consiste à parler uniquement de « l’intensité carbone », que les Indiens promettent de réduire de 35%. L’intensité carbone, c’est le rapport des rejets de CO2 à la production du pays. Elle diminue en Inde, comme à peu près partout dans le monde, et il faut s’en féliciter. Le taux annuel réduction est de 2,5% et l’Inde s’engage à faire tout son possible pour le maintenir à ce niveau. Mais la production du pays augmente, et va continuer augmenter, à un taux bien plus élevé, ce dont il faut aussi se féliciter. La contribution indienne évalue ce taux pour 2014-2030 à 8,5% par an. En d’autres termes, elle prévoit que les rejets de CO2 vont augmenter de 6% par an. Pour le grand public, la distinction entre intensité carbone et émissions de carbone est un peu difficile à comprendre. En disant que l’intensité carbone va diminuer – ce qui est vrai – et en disant seulement cela, on laisse entendre que les émissions de carbone vont diminuer – ce qui est complètement faux.

Le deuxième tour de passe-passe porte sur les dates. La diminution de l’intensité carbone prévue est de 35% entre 2005 et 2030. Depuis 2005, elle s’est déjà réduite de quelque 18%. Entre maintenant et 2030, elle ne va donc diminuer que de 17%. C’est moitié moins que 35%.

La communication officielle sur la place du solaire et de l’éolien dans la contribution indienne est, s’il se peut, encore plus éloignée de la réalité. « L’Inde mise tous ses efforts sur le solaire » écrit un grand quotidien; « Le solaire et l’éolien devront être [en 2030] à l’origine de 40% de sa production contre seulement 12% actuellement » précise un autre. Les apparachiks réchauffistes et leurs amis journalistes font ici une double confusion.

Ils confondent « renouvelables » avec « solaire et éolien », et font semblant d’ignorer que l’essentiel du renouvelable provient généralement de l’hydraulique. C’est le cas en Inde, où l’hydraulique assure près de 10% de la production électrique. En réalité, solaire et éolien ne produisent actuellement que 3% de l’électricité indienne – 4 fois moins, excusez du peu, que ce qui nous est asséné.

Ils confondent la puissance installée (mesurée en kW ou en GW) et la production effective (mesurée en KWh ou en TWh). Comme on l’enseigne en classe de troisième, une installation de 1 KW fonctionnant pendant 1 heure produit 1 KWh. Par an, le solaire fonctionne 1000 heures, l’éolien 2000 heures, le thermique et le nucléaire 8000 heures. Le 40% cité pour 2030 concerne la puissance d’installations, qui (si elles se réalisaient, ce qui est improbable) assureraient environ 10% de la production d’électricité du pays. Et voilà comment on transforme 10% en 40%.

Le cas de l’Inde est certainement significatif. Il constitue un amusant échantillon du tsunami de publicité mensongère qui nous attend dans les mois à venir.

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